Découvrez mon premier livre, « Une Constitution morte » !
Comment la Cour suprême a transformé radicalement les États-Unis...
On dit souvent de la Cour suprême qu’elle est « conservatrice », dominée par « six juges républicains », ou, pire encore, « trumpiste », en raison de la nomination, par le président Donald Trump, de trois juges « originalistes ».
Publié le 16 janvier, mon premier ouvrage, « Une Constitution morte » (éditions Amsterdam), s’attache à retracer l’histoire contemporaine du mouvement juridique conservateur pour décrire comment il est parvenu, en l’espace de quarante ans, à dominer durablement la plus haute juridiction des États-Unis. Une aventure qui m’a conduit jusque dans les archives des juges de la Cour, en partie stockées à la Library of Congress, à Washington.

Empruntant le titre à une expression restée fameuse du juge Antonin Scalia, mon livre entend aller au-delà du clivage gauche/droite (ou démocrate/républicain) pour illustrer la manière dont le mouvement juridique conservateur a exploité le champ doctrinal du droit pour imposer sa lecture de la Constitution.
En effet, en théorisant l’originalisme (une approche interprétative postulant que le sens de la Constitution a été figé au moment de son adoption et que le juge doit s’astreindre à respecter ce sens), les juristes conservateurs (avec, à leur tête, la célèbre Federalist Society) ont entrepris de défaire l’héritage jurisprudentiel issu des années 1960 et 1970, décennies durant lesquelles la Cour suprême a reconnu de nouveaux droits (vie privée maritale, contraception, avortement, droits de la défense…). Pour les tenants de l’originalisme, la Constitution n’est pas un texte « vivant » dont le sens évoluerait avec la société, mais un texte « mort », dont le sens est immuable et déterminé au sens de son adoption.

Née en 1982, la Federalist Society avait initialement pour objectif de rassembler des jeunes étudiants en droit conservateurs soucieux d’avoir un espace à eux sur des campus nettement marqués à gauche. Contre toute attente, l’organisation essaime rapidement dans les facs du pays, créant un important maillage territorial et un vivier de jeunes talents pour l’administration Reagan.
Très vite, l’administration prend conscience du potentiel de l’originalisme : l’approche permettrait de renverser les arrêts les plus contestés, notamment Roe v. Wade, l’arrêt qui a consacré un droit constitutionnel à l’avortement. La Federalist Society s’introduit dans toutes les strates du gouvernement de Ronald Reagan (à commencer par le Département de la Justice) et parvient à faire nommer les premiers juges fédéraux marqués de son sceau. En 1986, Antonin Scalia, compagnon de route de la première heure de la jeune organisation, devient juge à la Cour suprême. Le juge va marquer durablement l’histoire contemporaine de la Cour.

Clarence Thomas, Samuel Alito, Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett seront à leur tour recommandés au locataire de la Maison-Blanche par la Federalist Society pour aboutir, une quarantaine d’années plus tard, à une majorité de juges acquis à l’originalisme au sein de la plus haute juridiction fédérale.
Comment la droite améri caine est-elle parvenue en quelques décennies à s’emparer du pouvoir judiciaire fédéral et, en définitive, à « dire ce qu’est le droit » (to say what the law is) ? Avec quels bouleversements de la société américaine pour résultat ? Ces questions trouvent des réponses dans le livre.
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